| La lettre du réseau n° 27 |
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Janvier 2010
Rassembler le mouvement de l'alimentation locale et solidaire!
Le IVe Colloque international d’Urgenci, du 18 au 22 février prochains, à Kobé, au Japon, est un moment unique de rassemblement du mouvement des partenariats locaux et solidaires producteurs-consommateurs. Des acteurs venus de cinq continents, et de 20 pays différents, participeront à cet événement.
Afin de préparer votre venue, et de prendre part, sur place ou par procuration, aux décisions importantes qui seront arrêtées par l’Assemblée générale (22 février), il faut d’abord adhérer ou ré-adhérer en 2010 ( ici). Ensuite, il suffit de prendre connaissance des documents (programmes, règlements, formulaires d’inscription) disponibles sur les pages web du site d’Urgenci consacrées au Colloque : KOBE 2010.
En espérant vous compter bientôt parmi les membres du Réseau !
Lettre d’information n°27, Sommaire
1. Activités du Réseau
1.1 Les campagnes sont ouvertes! Campagne électorale et campagne d'adhésions 2010
1.2 L'essaimage d'Urgenci en Europe de l'Est: le cas tchèque
1.3 Appel à contributions
1.4 Calendrier
2. Actualités internationales
Les cercles alimentaires en Finlande
3. Portrait
De la Grosse Pomme aux champs de patates: Benjamin Shute
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Vie du réseau |
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Les campagnes sont ouvertes !
Par Jocelyn Parot
Urgenci est un rassemblement multiculturel regroupant des petits producteurs et des consommateurs venus d’horizons très différents. Afin de respecter cette diversité et de favoriser l’expression de tous les points de vue qui font la richesse du Réseau, le Comité international a choisi d’organiser des élections pour son renouvellement. Le scrutin aura lieu lors de l’Assemblée générale du 22 février. La campagne électorale est ouverte !
L’objectif est d’ élire cinq des huits membres du Comité international, les trois derniers étant cooptés par les membres élus. Afin de maintenir un équilibre à la fois géographique, hommes-femmes et producteurs-consommateurs, les bulletins de vote mentionneront la région d’origine, le genre et la qualité (producteur ou consommateur) de chacun des candidats.
Seuls les partenariats à jour de leur cotisation 2010 disposent du droit de vote, 2 voix étant ainsi attribuées à chaque CSA, AMAP, Teikei ou tout autre PLSPC enregistré comme adhérent.
Les partenariats, dont les membres ne pourraient pas être présents à Kobé le jour J, peuvent établir un document signé donnant procuration à un membre participant à l’Assemblée générale ( formulaire de procuration).
Ces règles sont également valables pour l’ensemble des décisions prises par l’Assemblée générale ordinaire.
Afin de permettre une campagne électorale riche et propice aux débats d’idées, source d’inspiration pour l’ensemble du réseau, les candidatures et la participation aux votes sont encouragées dès à présent. La c ampagne d’adhésion 2010 est donc elle aussi lancée !
Le règlement complet du scrutin est en consultation à l’adresse suivante :
http://www.urgenci.net/page.php?niveau=2&id=REGLES%20DE%20VOTE
L’essaimage d’Urgenci en Europe de l’Est : le cas tchèque
Par Jan Valeska et Jocelyn Parot
Urgenci coordonne depuis début novembre 2008 un projet d’essaimage des AMAP dans 10 Nouveaux Etats-membres de l’Union européenne et au Maroc. Ce projet est financé par l a Fondation de France, qui a décidé d’augmenter de près de 20% sa participation financière au projet pour la deuxième année d’essaimage.
Il rassemble 25 essaimeurs français et environ 200 partenaires est-européens, et doit conduire à la mise en place d’un projet-pilote dans chaque pays concerné par l’essaimage. Suite aux deux premières vagues d’actions, représentant 20 missions environ, une dizaine de projets sont soit déjà en fonctionnement, soit en gestation.
La Lettre du Réseau s’efforcera désormais de présenter l’ensemble des partenariats qui se sont mis en place suite aux missions d’Urgenci. Dans ce numéro 28 de la Lettre, nous présentons les partenariats tchèques, principalement dans la région de Prague.
Une seule mission a pour l’instant été menée à son terme, les 14-19 décembre 2008 à Prague et Sumperk principalement. Pourtant, le bilan de l’essaimage en République tchèque est celui d’une forte mobilisation sur place et d’une vraie dynamique. On y dénombre déjà, un peu plus d’un an après la première mission sur place, un partenariat, appelé « CSA », l’acronyme anglo-saxon pour Community Supported Agriculture, et deux autres initiatives qui s’en réclament.
Le mouvement est appuyé par des blogueurs culinaires réputés qui relaient l’information de la création de ces partenariats. C’est le seul pays pour lequel une mission unique a eu lieu. Le binôme essaimeur chargé de l’essaimage dans ce pays juge en effet essentiel de préparer au mieux une nouvelle mission vers la région de Moravie, où l’agriculture paysanne est plus profondément ancrée.
1. La naissance des CSA en Bohême
La mission initiale, juste avant Noël 2008, a eu lieu dans des conditions quasi-hivernales. A cette occasion, les principes et les applications concrètes du mouvement des AMAP françaises ont été largement présentés et débattus. Une dynamique s’est alors dégagée autour d’un groupe de consommateurs rassemblés par le contact sur place, qui travaille pour une ligue de consommateurs bio (Bio Liga).
Ce groupe, composé d’une vingtaine de membres, s’est rapidement engagé dans la démarche AMAP à partir du printemps 2009, et s’est fait connaître auprès d’un paysan des alentours de Prague. L’agriculteur accepte d’effectuer des livraisons régulières en deux lieux de distribution, à Prague, et les consommateurs s’accordent sur le principe du prépaiement, afin d’assurer au paysan que ses livraisons sont acceptées par tous. Dès le début, le prépaiement est établi à un délai de 3 mois à l’avance. Le nom choisi pour le groupe formé est Podporujme svého farmáře, Nous soutenons notre paysan.
A l’été 2009, le groupe a organisé une visite à la ferme, où l’argent fût avancé, et les contrats signés. Les premières livraisons ont eu lieu en juillet-août. Entre-temps, plus d’une cinquantaine personnes se sont manifestées pour adhérer au système. L’expérimentation s’avérant concluante à l’issue des 3 premiers mois de la saison, l’agriculteur étend sa production et intègre encore 20 consommateurs, qui deviennent alors acteurs du système. Le rôle des essaimeurs semble avoir été déterminant dans la mise en route de ce système. Les exemples français ont permis d’inspirer de nombreux consomm’acteurs.
2- Les objectifs du CSA de Prague
Les acteurs tchèques décrivent eux-mêmes leur projet comme celui d’un groupe de consommateurs qui supportent un paysan d’une ville voisine (Litoměřice), payent un prix équitable pour ses produits et essaient de faciliter son travail autant que possible, tout en cherchant d’autres paysans à impliquer (puisque l’intérêt au sein des consommateurs est si important).
Leurs objectifs sont donc de fournir aux consommateurs des produits maraîchers de qualité à des prix raisonnables, et d’unir les consommateurs ayant un intérêt commun. Il s’agit aussi d’aider les paysans à vendre à des prix équitables, et de faciliter autant que possible leur travail avec les livraisons.
Jusqu’à présent, il y a eu une grande vague d’intérêt pour les CSA (c’est le terme utilisé sur place) au sein des médias tchèques, ce qui a amené un grand nombre de personnes à s’intéresser à ce type de partenariats alternatifs, mais aussi à devenir conscients des problématiques agricoles.
3- Les limites de l’initiative tchèque
Les difficultés principales rencontrées pour la poursuite des activités font partie des problèmes récurrents observés dans le domaine associatif : les personnes-ressources disponibles à titre bénévole sont trop peu nombreuses, et les lieux de distribution des produits ne sont pas encore adéquats.
A l’échelle de la République tchèque dans son ensemble, la vente directe des produits fermiers représente encore un volume de ventes très réduit, et rares sont les Praguois qui ont pris l’habitude d’acheter en direct, ce qui constitue pourtant souvent une première étape vers des systèmes du type AMAP.
Au final, le phénomène le plus marquant dans le cadre de l’essaimage en République tchèque, c’est la manière tout à fait inattendue dont les médias traditionnels se sont emparés du sujet et la couverture médiatique très conséquente dont il a fait l’objet.
Il faut oeuvrer à ce que cet intérêt soit constant et que producteurs et consommateurs parviennent à répondre ensemble à la demande immense qui est ainsi suscitée. Une deuxième mission vers ce pays est prévue début mars, en direction de Prague et Brno, en partenariat avec Les Amis de la Terre-Brno.
Appel à contributions
La Lettre du Réseau d’Urgenci est un espace de libre expression ouvert à tous les acteurs de PLSPC du monde entier. Les propositions d’articles doivent être envoyées à contact@urgenci.net, en anglais, français, allemand, finnois, italien ou espagnol.
Nous vous prions de bien vouloir envoyer vos contributions au format suivant : verdana, 8, 1000 mots maximum, avec le titre, le nom de l’auteur, sa position/ son activité professionnelle, et des titres intermédiaires dans le corps du texte.
Calendrier
Une nouvelle page a été ouverte sur le site d’Urgenci, consacrée aux annonces d’événements:
http://www.urgenci.net/page.php?niveau=2&id=Calendrier%20Automne-Hiver%202009
Vous pouvez proposer un événement consacré aux PLSPC en envoyant un simple courriel à contact@urgenci.net
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Les cercles alimentaires finlandais : bio, local et équitable
Par Elisa Niemi, Coordinatrice du Projet « Economie locale » porté par un collectif d’agriculteurs et de consommateurs. Traduction du finnois: Jocelyn Parot.
Une étude a été récemment réalisée sur les Cercles alimentaires de proximité (en finnois lähiruokapiirit), l'équivalent nordique des CSA anglo-saxonnes.
« Des produits biologiques de bonne qualité, pour lesquels on peut payer un prix équitable directement au producteur » : un membre d’un cercle alimentaire finlandais cristallise en une phrase ce qui motive son engagement. Le projet Economie locale, lancé l’association Kehu a permis de mettre à jour, à travers un questionnaire détaillé, pourquoi les cercles alimentaires sont de plus en plus recherchés et quelles sont leurs perspectives de développement. 39 questionnaires ont été remplis, en provenance de 10 cercles alimentaires différents, tous situés dans la partie centrale d’Uusimaa, la région du sud du pays où est située la capitale, Helsinki.
1. Davantage de coopération est nécessaire pour repousser les limites de la saison d'hiver
« A la saison des récoltes, on trouve beaucoup de produits issus de fermes différentes, mais on a besoin d’une coopération plus importante entre les fermes afin d’assurer des livraisons sur l’année entière », constate Lea Alanko, qui tient à jour la page ruokapiiri.fi. Cette page recense les cercles alimentaires du pays. Beaucoup de cercles alimentaires veulent du fromage, du fromage blanc et de la viande biologiques, parce que ce sont des produits qu’on trouve pas en magasin. Pour d’autres membres des cercles, il est particulièrement important d’ajouter des protéines végétales d’origine locale à un régime qui se veut le plus respectueux possible de l’environnement. « La réutilisation des matériaux d’empaquetage fonctionne bien », rapporte par ailleurs Simo Heikkinen, agriculteur biologique, qui a livré des cercles alimentaires pendant près de 20 ans déjà.
En plus du goût, de la fraîcheur et de la qualité des produits, il apparaît que le mode de production et le mode de distribution, qui pèsent moins sur l’environnement, influencent également le choix des consommateurs. (…)
La plupart trouvent primordiale la connaissance personnelle du producteur : « C’est extra de savoir que les œufs de poule sont produits dans un poulailler où il y a de l’espace et des stimulants naturels», affirme-t-on dans l’une des réponses renvoyées. La confiance envers le producteur permet même, dans l’un des exemples rapportés, d’utiliser un moulin des environs, alors que celui-ci n’est pas certifié bio. Le développement et la croissance de la bio demeurent toutefois des éléments extrêmement importants aux yeux des membres des cercles alimentaires finlandais, et la compréhension dont ils font preuve face aux défis pratiques est sans faille.
En général, les cercles alimentaires passent commande une fois par mois et la distribution s’opère grâce au travail collectif bénévole en quelques heures : « On commence à mieux connaître les voisins », fait remarquer le représentant d’un groupe qui effectue ses distributions dans une maison de quartier des environs d’Helsinki.
Avec leur popularité en hausse, certains cercles alimentaires craignent une expansion trop importante et un étirement des distances, conduisant à l’éloignement entre producteurs et consommateurs. Avec une meilleure mise en réseau, on pourrait pourtant permettre aux personnes s’intéressant aux cercles alimentaires de se trouver les uns les autres et de créer ainsi de nouveaux cercles de manière plus systématique. Il y a par exemple une région au nord d’Helsinki où 3 cercles alimentaires fonctionnent à proximité les uns des autres. De manière pratique, un producteur y distribue les produits en une seule tournée.
« Il y a de la demande ! », déclare énergiquement Simo Heikkinen. Son père, Ensio, a, pendant près de 20 ans, développé la coopération entre cultivateurs. Les relations avec les clients des cercles alimentaires et des écoles sont maintenant opérationnelles.
« Malheureusement, tous les produits ne sont pas disponibles durant tout l’hiver. Par exemple, on aurait besoin de plus de cultures de légumes-racines », décrit Heikkinen. De la même façon, à la ferme biologique de Vierelä, à Vihti, il y a, pour ce qui concerne les oignons, plus de demande que d’offre, la disponibilité des produits céréaliers étant plus facile à garantir.
2. Les Cercles alimentaires de proximité offrent de meilleures conditions de travail aux paysans
« Dans un proche avenir, plusieurs fermes risquent encore de cesser leurs activités, car la jeune génération se tourne rarement vers les territoires ruraux et considère peu souvent la poursuite de l’exploitation familiale comme un choix de carrière rentable. En vendant sans intermédiaire, il est possible pour le producteur d’obtenir une rémunération équitable pour son travail », s’enthousiasme l’agricultrice Eliisa Malin.
A la ferme biologique de Vierelä, on a ouvert un point de vente à la ferme. De là, on expédie aussi les produits d’autres cultivateurs vers les cercles alimentaires et vers d’autres magasins. Ahti Lohenoja est satisfait de cette coopération : « les gens de Vierelä transportent des produits vers Helsinki, et moi vers Lohja. Seul, je ne parviendrais jamais à assurer toutes les livraisons ». Jukka Ahonala de la ferme bio de Svarfvars à Karjaa trouve très judicieuse la coopération, sur la base du volontariat, entre producteurs. (…) Les acteurs de la restauration collective, par exemple, sont intéressés par un choix diversifié permis par la coopération.
La ferme en biodynamie de Maljvik à Sipoo vend des produits à destination, entre autres, des jardins d’enfants Steiner. « Parmi les magasins écologiques, ceux situés dans les halles de Hakaniemi, à Helsinki, revendent beaucoup de produits frais. On vend aussi un peu aux grossistes, mais le prix obtenu chez eux est trop bas », rapporte Niklas Ramm-Schmidt. A l’opposé, les cercles alimentaires sont pour les cultivateurs des collaborateurs appréciés, une fois que l’on est parvenu à organiser les commandes et les livraisons de manière suffisante. Les magasins virtuels des différentes fermes ou des pages web réalisées par plusieurs fermes et cercles alimentaires, comme ruokapiiri.fi, facilitent la commande et la facturation.
Le projet sur l’économie locale consiste en des entretiens avec des cultivateurs sur leurs expériences de vente directe. L’objectif de ce projet, c’est d’élaborer des systèmes alimentaires locaux qui fonctionnent bien pour la région située au nord de Helsinki.
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Portrait |
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Urgenci a décidé d’utiliser la Lettre d’actualités du réseau pour permettre aux acteurs PLSPC de différentes parties du monde d’avoir leur mot. Nous nous efforçons de donner la parole à une personne différente à chaque nouveau numéro de la Lettre du Réseau, afin qu’il puisse nous en dire plus sur les initiatives dans leur propre localité. L'autoportrait de ce numéro de la Lettre est par Benjamin Shute, membre du Comité international d'Urgenci et responsable du Programme 2 sur la formation des agriculteurs. Traduction de l’anglais : Jocelyn Parot.
De la Grosse Pomme aux champs de patates
Par Benjamin Shute
Benjamin Shute, 32 ans, est le propriétaire et gérant de la ferme communautaire de Hearty Roots, près de la ville de Red Hook, dans l’état de New York. Hearty Roots (littéralement : les Racines cordiales) a été fondée en 2004 par de jeunes agriculteurs qui ne possédaient pas de terre. Les 30 consommateurs membres du CSA de la première saison placèrent leur confiance dans les nouveaux paysans, fournissant suffisamment d’argent pour couvrir le coût des semences, les outils manuels et les clôtures pour la première année. Cela suffit, avec l’aide de nombreux amis et voisins, pour lancer la ferme sur trois quarts d’acre (0,4 ha environ).
Cinq ans plus tard, la ferme alimente environ un millier de familles grâce à une combinaison de paniers en CSA, de point de vente directe à la ferme, et de livraisons de restaurants. Un projet séparé permet de livrer des légumes frais à cinq soupes populaires et cuisines communautaires de New York. Les paysans louent encore leur terre, environ 15 hectares, mais le budget en augmentation de la ferme a permis l’acquisition de tracteurs, de véhicules de livraison, de matériel d’équipement, de serres, et l’embauche d’une équipe de 10 personnes pendant l’été.
Benjamin s’est montré très actif dans le mouvement afin d’ attirer plus de jeunes vers une carrière de paysan. Aux Etats-Unis, l’âge moyen du paysan est de 57 ans. Beaucoup de jeunes perçoivent l’agriculture comme n’offrant qu’une vie de pauvreté, voire comme un métier indigne. Durant les dernières décennies, la tendance a été à la disparition des enfants de paysans de leurs exploitations familiales pour trouver du travail à la ville.
Un enchaînement d’événements opposé a amené Benjamin à l’agriculture. A yant grandi à New York et ayant étudié les sciences humaines à l’université, il a appris l’art de cultiver grâce à des apprentissages sur d’autres exploitations. Il commença par travailler à temps partiel, avant de décider de consacrer sa vie à l’agriculture et de gérer sa propre exploitation. Certains éléments indiquent qu’il s’agit d’un simple exemple d’une tendance plus large : durant les dernières années, il s’est formé un réseau fort et croissant de jeunes engagés dans l’agriculture durable aux Etats-Unis, beaucoup d’entre eux travaillant dans des fermes en CSA. Avec un soutien suffisant grâce aux associations et aux programmes publics, ces jeunes pourraient avoir la possibilité de créer une nouvelle génération de fermes solides, durables et dynamiques qui construisent un système alimentaire plus local, plus juste et plus bio.
Benjamin et sa femme Lindsey, ont travaillé ensemble pour développer une nouvelle organisation aux Etats-Unis, la Coalition nationale des Jeunes agriculteurs ( National Young Farmers' Coalition). Ce groupe sera le premier dans le pays à porter la voix politique des jeunes fermiers, à destination des jeunes fermiers. La Coalition s’efforcera d’influer sur la politique agricole fédérale, en ayant recours à l’enthousiasme et aux voix des jeunes pour faire évoluer les dépenses du gouvernement hors du statu quo. Actuellement, le Département d’Agriculture des Etats-Unis dépense environ 5 milliards de dollars par an pour subventionner la production de céréales destinées à la consommation de masse, telles que le maïs transgénique. Si une portion significative de cet argent était redistribuée au bénéfice de l’agriculture durable locale, et pour soutenir les jeunes agriculteurs, le système alimentaire des Etats-Unis pourrait être amélioré de manière substantielle.
En plus de son travail sur les questions de politique publique, Benjamin anime des ateliers pour d’autres jeunes travailleurs agricoles qui sont intéressés dans le lancement de leurs propres fermes. Il aide au conseil de ceux qui aspirent à devenir agriculteurs, en particulier sur la question du lancement sans contracter de dettes : en commençant petit à petit, sur une surface louée, sans équipement conséquent, et en élaborant ses outils et son expérience graduellement. Il a également plusieurs jeunes travailleurs sur la ferme Hearty Roots qui se sont depuis lancés pour commencer leurs nouvelles fermes, ou qui projettent de se lancer. Son travail comme jeune paysan a fait l’objet de reportages dans le New York Times, sur la NHK (la télévision publique japonaise) et dans des entretiens avec Fox Business News et la National Public Radio (la principale fréquence de radio publique aux Etats-Unis).
En travaillant au sein d’Urgenci, Benjamin a l’ambition de s’impliquer dans des projets pour aider à la formation des nouveaux paysans, afin qu’il y ait bientôt une nouvelle génération de fermes en CSA aux Etats-Unis et dans le monde entier. Il est motivé par la perspective de rencontrer de jeunes agriculteurs qui suivent des voies similaires à la sienne dans d’autres pays, et espère qu’un Mouvement international des jeunes paysans deviendra bientôt une réalité, alimentée en partie par le modèle de l’Agriculture soutenue par la Communauté.
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